Jouir sans limite

  

JOUIR SANS LIMITES : NOTRE SOCIETE EST-ELLE 
UNE MACHINE A FABRIQUER DES PERVERS ?

 

Oui, il faut le dire, notre société est une machine à fabriquer des pervers valorisés et entretenus par elle. Si nous souhaitons de la retenue et de la bienveillance dans les rapports hommes-femmes, il va falloir se retrousser les manches et changer quelques petites choses. Il ne suffit pas de dénoncer le harcèlement pour qu’il disparaisse. Faire des lois, c’est bien mais ça n’est pas suffisant. Comment améliorer le comportement des hommes ? Comment faire pour qu’ils intègrent des interdits fondamentaux dans un monde où il y en a de moins en moins ? Il est interdit d’interdire ça ne vous rappelle rien ? Nous voulions un monde dans lequel nous jouissons sans limites, et bien nous y sommes parvenus. De quoi se plaint-on finalement ? Et que personne ne s’en offusque car nous sommes tous responsables d’une société où les enfants regardent des films pornos dés l’âge de 11 ans dans lesquels des femmes disent NON et pourtant pensent OUI et sont assoiffées de sexe. A 11 ans, les cerveaux immatures de nos chers garçons intègrent cette donnée surtout si elle reste silencieuse, sans qu'aucun adulte n’y apporte un éclairage. Le garçon intègre très jeune certains scénarios qu’il fixe et va avoir tendance à rechercher dans sa vie d’adulte. Nous avons banalisé la pornographie et l’érotisme à outrance à la télévision, au cinéma (le film Adèle n’était interdit qu’aux moins de 12 ans), dans les séries (Game of Thrones est la série préférée des ados où se mêlent successivement inceste, brutalité des rapports hommes-femmes, orgies, sexualité à outrance…) et nous nous plaignons de voir se développer des comportements pervers un peu partout dans le monde. Par quelle bizarrerie de l’esprit peut on penser que l’injonction paradoxale contenue dans le message suivant : « regarde ces films, imprègne toi bien de l’ambiance mais surtout ne fais pas pareil, ne te comporte jamais comme ça » n’ait aucun impact sur nos enfants ? Ce type de communication est à l’origine de la dissociation de la personnalité. Qu’on se le dise… Où est le cadre, où sont les limites ? Il ne faut pas oublier que le modèle de l’adolescent « sans limites » est aujourd’hui soutenu par nos sociétés occidentales de consommation, réclamant des services « illimités », tentant de transgresser les systèmes de normalisation et soumis au culte de la performance. L’adolescent « sans limites » et à bien des égards le symbole de notre monde moderne.

Impulsif et n’ayant pas intégré la Loi, celle du Père. Sans un Surmoi bien construit, l’homme moderne sans repère possède très peu de conscience morale (mot extrêmement démodé) et ne se soucie guère de l’autre puisqu’il est un objet dont on peut jouir sans limites. Il n’a pas intégré l’autorité et la fermeté de la Loi du Père qui lui permettent de poser un cadre dans la relation avec le sexe opposé.

Dans notre monde moderne, une femme qui dit NON pose une limite qui a de plus en plus de mal à être entendue car les écrans qui sont devenus notre référent éducatif proposent un tout autre modèle. Par ailleurs, ravaler sa frustration n’est plus très "tendance" de nos jours car cela nécessite une volonté et un entraînement régulier guère pratiqué parce que beaucoup trop contraignant. Aujourd’hui, nous avons droit à tout, tout de suite et sans nous soucier de nos devoirs.

Nous créons toutes les conditions du passage à l’acte en fustigeant celui qui le franchit.  Je vous rappelle qu’il y a quelques années Jean-Marie Bigard a fait rire la France entière (les hommes comme les femmes) avec « son lâcher de salopes », sans que personne ne le condamne. Bien, alors reprenons : Plutôt que de créer des lois qui ne sont que des sparadras sur nos plaies, essayons de ne plus nous faire de mal pour ne plus avoir de plaie. Comment ? Et bien en éduquant nos enfants et nos adolescents (garçons comme filles) dès leur plus jeune âge, en ayant, nous les adultes une attitude exemplaire, en arrêtant de banaliser ce qui n’est pas banal et ose t-on espérer, ne le deviendra jamais. Non la femme n’est pas cette chose qui jouit dès qu’on la touche. Non la femme n’est pas un objet de consommation comme les autres, qu’on prend quand on en a envie, qu’on jette lorsqu’elle ne nous amuse plus et qu’on casse en la brutalisant, en la tirant par les cheveux et en lui pissant dessus parce qu’elle est une femme, donc méprisable, diabolique et tentatrice…  Et ce discours s’adresse aussi aux filles qui pensent encore qu’elles doivent tout accepter des hommes pour être aimées…