Blog

Img 8594

"Et si on faisait des bébés bio ?"

Le fœtus, un être vivant qui se construit dans le lien.

Pierre Bergé affirmait que le ventre des femmes doit se louer comme les bras des ouvriers, c’est également ce que revendiquent les partisans de la GPA. Les mères, mais peut-être est-il démodé de les appeler les mères, sont désormais considérées comme des « porteuses de fœtus » c’est-à-dire des machines à fabriquer des bébés et rien de plus. C’est bien méconnaître les lois du vivant et être dans le déni du lien mère-enfant qui se crée dès le début de la conception. Un enfant ne se fabrique pas comme on fabrique un objet, sa conception échappe à aux lois qui régissent la consommation. Oui, il y a du sens à donner à la gestation, il ne s’agit pas d’une histoire de transaction mais de la formation d’un être vivant dans l’utérus maternel, n’en déplaise à certain. L’enfant à venir n’est pas un arbre qu’on va déplanter pour le replanter ailleurs sans tenir compte de ses racines. La mère biologique a un impact primordial dans l’étayage des fonctions psychiques du fœtus par le lien affectif qu’elle va créer avec lui. Si la mère se considère  juste comme un ventre, quel lien peut-elle créer avec le bébé et quelle sera la qualité de la relation mère-fœtus ? La conception d’un enfant est une mystérieuse alchimie avec des échanges biologiques,  psychiques et émotionnels qui s’opèrent  au sein du corps de la mère. Des études très sérieuses (notamment une menée par 2 chercheurs de l’Université de Rennes) nous ont apporté la preuve que les émotions et l’état psychologique de la maman ont un rôle prépondérant dans le processus évolutif du fœtus. In utéro, l’embryon se développe grâce à ce lien tissé dès la conception. Dans le cadre de la GPA, la  mère a été payée pour porter la vie sans s’intéresser le moins du monde à elle pour ne pas s’y attacher. C’est une terre d’accueil sans accueil. Peut-on envisager la  transmission de la vie par de tels procédés sachant que le fœtus à venir a besoin d’un dialogue constant avec sa mère pour se construire ? A-t-on le droit de concevoir des enfants dans une niche sensorielle froide, alors que le bébé devra affronter, à sa naissance, l’abandon ? C’est la double peine, celle de la conception sans amour et celle de l’abandon, de la coupure radicale d’avec l’origine, et c’est sans compter les questionnements à venir sur le lien de filiation, de l’appartenance et bien sûr celui de l’intégration de l’enfant dans la chaîne généalogique.

Aujourd’hui, nous devons donc jeter à la poubelle Bowlby, Winnicott, Dolto mais également les fondateurs de la science haptonomique qui depuis des années nous enseignent que l’affectif doit être nourri et que le dialogue et l’interaction entre mère-enfant sont les fondements d’un bon équilibre, donnant au bébé une profonde « sécurité de base ».

La dignité du fœtus passe par l’amour et l’attention qu’on lui porte, c’est ainsi qu’il pourra se développer harmonieusement.  Une femme qui marchande son ventre dans l’esprit de donner son bébé après la naissance ne rentrera pas en relation car la séparation serait alors bien trop douloureuse. On ne peut pas lui demander d’investir sa grossesse et d’aimer un bébé qu’elle ne désire pas. Son rôle est mécaniste, elle s’en tient à porter l’enfant qu’on lui a commandé, ce qui ne présente pas un terreau favorable au  développement de l’enfant à venir et de l’etre vivant qu’il est. La vie in-utero et le lien mère-enfant se crée alors que l’embryon ne mesure que quelques centimètres, s’engage alors un dialogue permanent entre la mère et le fœtus.  Une connection se créé dès le début de la grossesse et dès la huitième semaine, le fœtus devient progressivement sensible à ce qu’on lui transmet. Il peut recevoir et interpréter les émotions de sa mère par des hormones mais également par la voie du placenta qui est « connecteur ». Les humeurs et les émotions de la maman vont alors jouer un rôle essentiel. Catherine Dolto nous révèle, lors d’une de ses conférences sur l’haptonomie, que lorsque la mère « est chez l’enfant », il y a chez le fœtus, une réaction, un changement de tonus, à travers la chair, il y a du sens qui s’inscrit dans la vie du fœtus. Pour Jean-Pierre Relier, l’un des grands spécialistes français de la néonatologie, « le fait de penser à son enfant a des conséquences physiques sur lui. Et le bon développement du fœtus dépend de l’attention que sa mère lui porte, ainsi a-t-elle un pouvoir de protection sur son enfant, en pensant à lui et en lui parlant par la pensée ».

Dans le contrat passé entre la mère porteuse et le futur ou les futurs papas, sera-t-il précisé que la mère doit diriger toute son attention vers le fœtus ? et quand bien même ce serait précisé, la mère porteuse ne le pourrait pas car cela l’obligerait à changer de statut, passant de mère-porteuse à mère tout court. Pourtant, la communion entre la mère et le fœtus est unique dès le cinquième mois de la grossesse. La question se pose donc : est-il éthique de mettre au monde de futurs êtres humains conçus dans de telles conditions d’indifférence et d’inhumanité ? La mère porteuse se doit d’être indifférente afin de ne pas subir l’accablement dû au profond déchirement de l’abandon, or le fœtus mémorise les stimuli et les ressentis de celle qui le conçoit. Si le bébé ressent de l’indifférence et s’il comprend que sa mère n’est pas là pour l’accompagner mais juste pour le fabriquer, alors comment peut-il se développer harmonieusement ?  Et quelles sont les conséquences sur sa personnalité à plus long terme ?

On ne saurait aborder juridiquement la GPA sans tenir compte de tous ces paramètres humains. La science a rendu possible la fabrication de « matériau humain », c’est donc le moment parfait pour méditer une fois encore la célèbre phrase de  Rabelais « La science sans conscience n’est que ruine de l’âme » avant de s’engager dans cette direction. L’homme pense qu’il a droit à tout ce que la science rend possible et qu’elle doit exaucer le moindre de ses désirs. Il ordonne et la science n’a qu’à exécuter, il « oublie » pour avoir accès à son désir et ne respecte pas le « principe de réalité » qui selon Freud, consiste à prendre en compte les exigences du monde réel et la conséquence de ses actes.  Au nom d’une « pseudo modernité », l’homme est capable d’occulter l’essentiel et de se persuader que l’enfant naît dans une pochette surprise que l’on peut acheter. Son aveuglement lui fait oublier que la vie est sacrée et qu’elle ne se marchande pas. 

Nul ne peut contester l’authenticité du désir d’enfant chez les couples hétérosexuels ou homosexuels, mais quels que soient le degré et l’intensité de l’amour qu’ils porteront au nouveau-né « d’autrui », vite aimé par eux, ce nouveau-né « d’autrui » restera un vétéran  de 3 arrachements ou manques. La force de l’amour et le talent rhétorique ne peuvent effacer cette simple réalité, nichée au cœur de l’humanité. Et non, il n’est pas résolument moderne de le nier, ni profondément ringard de le rappeler.

 

Jouir sans limite

  

JOUIR SANS LIMITES : NOTRE SOCIETE EST-ELLE 
UNE MACHINE A FABRIQUER DES PERVERS ?

 

Oui, il faut le dire, notre société est une machine à fabriquer des pervers valorisés et entretenus par elle. Si nous souhaitons de la retenue et de la bienveillance dans les rapports hommes-femmes, il va falloir se retrousser les manches et changer quelques petites choses. Il ne suffit pas de dénoncer le harcèlement pour qu’il disparaisse. Faire des lois, c’est bien mais ça n’est pas suffisant. Comment améliorer le comportement des hommes ? Comment faire pour qu’ils intègrent des interdits fondamentaux dans un monde où il y en a de moins en moins ? Il est interdit d’interdire ça ne vous rappelle rien ? Nous voulions un monde dans lequel nous jouissons sans limites, et bien nous y sommes parvenus. De quoi se plaint-on finalement ? Et que personne ne s’en offusque car nous sommes tous responsables d’une société où les enfants regardent des films pornos dés l’âge de 11 ans dans lesquels des femmes disent NON et pourtant pensent OUI et sont assoiffées de sexe. A 11 ans, les cerveaux immatures de nos chers garçons intègrent cette donnée surtout si elle reste silencieuse, sans qu'aucun adulte n’y apporte un éclairage. Le garçon intègre très jeune certains scénarios qu’il fixe et va avoir tendance à rechercher dans sa vie d’adulte. Nous avons banalisé la pornographie et l’érotisme à outrance à la télévision, au cinéma (le film Adèle n’était interdit qu’aux moins de 12 ans), dans les séries (Game of Thrones est la série préférée des ados où se mêlent successivement inceste, brutalité des rapports hommes-femmes, orgies, sexualité à outrance…) et nous nous plaignons de voir se développer des comportements pervers un peu partout dans le monde. Par quelle bizarrerie de l’esprit peut on penser que l’injonction paradoxale contenue dans le message suivant : « regarde ces films, imprègne toi bien de l’ambiance mais surtout ne fais pas pareil, ne te comporte jamais comme ça » n’ait aucun impact sur nos enfants ? Ce type de communication est à l’origine de la dissociation de la personnalité. Qu’on se le dise… Où est le cadre, où sont les limites ? Il ne faut pas oublier que le modèle de l’adolescent « sans limites » est aujourd’hui soutenu par nos sociétés occidentales de consommation, réclamant des services « illimités », tentant de transgresser les systèmes de normalisation et soumis au culte de la performance. L’adolescent « sans limites » et à bien des égards le symbole de notre monde moderne.

Impulsif et n’ayant pas intégré la Loi, celle du Père. Sans un Surmoi bien construit, l’homme moderne sans repère possède très peu de conscience morale (mot extrêmement démodé) et ne se soucie guère de l’autre puisqu’il est un objet dont on peut jouir sans limites. Il n’a pas intégré l’autorité et la fermeté de la Loi du Père qui lui permettent de poser un cadre dans la relation avec le sexe opposé.

Dans notre monde moderne, une femme qui dit NON pose une limite qui a de plus en plus de mal à être entendue car les écrans qui sont devenus notre référent éducatif proposent un tout autre modèle. Par ailleurs, ravaler sa frustration n’est plus très "tendance" de nos jours car cela nécessite une volonté et un entraînement régulier guère pratiqué parce que beaucoup trop contraignant. Aujourd’hui, nous avons droit à tout, tout de suite et sans nous soucier de nos devoirs.

Nous créons toutes les conditions du passage à l’acte en fustigeant celui qui le franchit.  Je vous rappelle qu’il y a quelques années Jean-Marie Bigard a fait rire la France entière (les hommes comme les femmes) avec « son lâcher de salopes », sans que personne ne le condamne. Bien, alors reprenons : Plutôt que de créer des lois qui ne sont que des sparadras sur nos plaies, essayons de ne plus nous faire de mal pour ne plus avoir de plaie. Comment ? Et bien en éduquant nos enfants et nos adolescents (garçons comme filles) dès leur plus jeune âge, en ayant, nous les adultes une attitude exemplaire, en arrêtant de banaliser ce qui n’est pas banal et ose t-on espérer, ne le deviendra jamais. Non la femme n’est pas cette chose qui jouit dès qu’on la touche. Non la femme n’est pas un objet de consommation comme les autres, qu’on prend quand on en a envie, qu’on jette lorsqu’elle ne nous amuse plus et qu’on casse en la brutalisant, en la tirant par les cheveux et en lui pissant dessus parce qu’elle est une femme, donc méprisable, diabolique et tentatrice…  Et ce discours s’adresse aussi aux filles qui pensent encore qu’elles doivent tout accepter des hommes pour être aimées…